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Pierre Bouteiller

Pierre Bouteiller, grande voix de la radio française, est décédé à l’âge de 82 ans dans la nuit de jeudi à vendredi à Paris. Image: AFP

Grande voix de France Inter, l'animateur et journaliste était apprécié pour son ton caustique et ses traits d'esprit.

Pierre Bouteiller, grande voix de la radio française, est décédé à l’âge de 82 ans dans la nuit de jeudi à vendredi à Paris. Commençant sa carrière en 1958, il a passé plus de cinquante ans derrière les micros, d’abord en tant que journaliste puis comme animateur. On se souvient de son ton ironique et persifleur dans des émissions comme Carnet de notes, Au bénéfice du doute ou encore Le Masque et la plume. Caustique, il se définissait comme un «journaliste subjectif».

Après un gag irrévérencieux sur le général de Gaulle à l’antenne d’Europe n°1 en 1969, il se voit limogé. Il propose alors une émission à France Inter, Embouteillages, et s’y installe durablement.

Pierre Bouteiller effectue aussi un bref passage à la télévision: il dirige les programmes de TF1 de 1981 à 1982. Huit ans plus tard, en 1989, il est directeur des programmes de France Inter. Il dope l’audience, se tient à l’affût des nouveaux talents, tel Laurent Ruquier, qui plus tard l’accueillera dans son émission On va s’gêner! Quoi qu’il en soit est sa dernière émission sur France Inter et remonte à 1999. La même année, Pierre Bouteiller est nommé directeur de France Musique, qu’il rebaptise France Musiques. Il s’attache à diversifier les programmes mais ne fait pas l’unanimité dans l’entreprise. Cinq ans plus tard, il est mis à pied par le nouveau PDG de Radio France, Jean-Paul Cluzel, qui le trouve trop vieux. Coup dur pour l’homme de radio, qui se considère alors «évincé par un inspecteur des finances de passage venant d’inventer un nouveau concept: le limogeage pour cause de réussite». Jean-François Bizot lui offre Si bémol et fadaises sur TSF Jazz, arrêtée il y a deux ans.

«Ses dernières années furent plus tristes. Il était malade et, si l’on sentit toute la joie qui était la sienne lorsque fut fêté en grand apparat le 50e anniversaire de France Inter, on sentit aussi son désarroi», lit-on dans l’hommage du Figaro. «Il est parti cette nuit en écoutant du jazz, on lui a mis du Oscar Peterson, il adorait ce pianiste», a enfin déclaré à l’AFP l’un de ses fils, Thierry. 

(24 heures)

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Jean-Louis ALTHEN
Les matins du mois de mai des années 70, Pierre Bouteiller nous emmenait à Cannes, par la voie des ondes (France Inter) pendant le festival. Et c'était un festival radiophonique de bons mots, d'humour, de bonne humeur et de jazz. Le bonheur entrait dans la maison de mes parents à travers un simple "transistor"... Merci Pierre, fais bon voyage!

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