En souvenir de ...

Olivier Baudry

Olivier Baudry n’aura passé qu’un an au LS mais il a laissé un beau souvenir à tous les esthètes de la Pontaise.Image: Laurent Crottet

Victime du cancer, Olivier Baudry s’en est allé, dimanche. Pierre-André Schürmann rend hommage à celui qui fut son joueur au LS en 2000.

«Quel choc! Je savais, bien sûr, qu’Olivier luttait depuis des années contre le cancer. Mais je l’avais rencontré il y a quelque temps, alors qu’il s’occupait des jeunes à Delémont, et je l’avais trouvé très optimiste et déterminé. Je le revois d’ailleurs encore me parler, ce jour-là, de son espoir de s’en sortir. C’est d’autant plus triste qu’Olivier n’avait que 44 ans et une belle famille avec deux enfants.»

Pierre-André Schürmann contient avec peine une profonde et sincère émotion à l’annonce du décès de celui qu’il avait côtoyé au quotidien entre juin et décembre 2000. Alors entraîneur du Lausanne-Sport, le technicien valaisan se souvient parfaitement de l’arrivée d’Olivier Baudry à la Pontaise. «Dès notre première discussion, en été 2000, je me suis rendu compte que je n’avais pas affaire à un footballeur habituel, continue Schürmann. Intellectuellement très au-dessus de la moyenne, Olivier s’est tout de suite imposé comme un leader dans le vestiaire. Mais à sa façon. C’est-à-dire avec la discrétion qui le caractérisait. En résumé, il était le genre de gars que chaque entraîneur rêve d’avoir dans son groupe.»

Préféré à… Zidane

Lorsque Olivier Baudry a débarqué à la Pontaise, durant l’été 2000, le LS, alors dirigé par Waldemar Kita, venait de perdre la finale de la Coupe de Suisse contre Zurich après deux victoires consécutives. «Il y avait eu de profonds remaniements, et notamment le départ des piliers qu’étaient Fabio Celestini et Léonard Thurre. Plusieurs joueurs français nous avaient rejoints, dont Olivier et le jeune David Hellbuyck, se souvient Schürmann. Et si ce dernier a profité de sa saison à Lausanne pour ensuite réussir une belle carrière en France, il le doit en partie à Baudry, qui l’avait pris sous son aile et lui avait prodigué de précieux conseils.»

Arrivé en provenance de Sochaux, ce club formateur qu’il n’avait jamais quitté auparavant, Olivier Baudry avait d’emblée séduit les esthètes de la Pontaise. Et irrité parfois les autres… Milieu de terrain élégant et à la technique raffinée, l’ancien international junior et espoir français – que Raymond Domenech avait, à une époque, même préféré à Zinédine Zidane dans le rôle de No 10 – n’est en revanche jamais parvenu à franchir le palier qui aurait pu lui ouvrir les portes de l’équipe de France. «Tout son parcours a malheureusement été freiné par de nombreuses blessures», regrette Schürmann. Et un peu peut-être aussi à cause d’une certaine «lenteur» qui avait parfois le don d’exaspérer le public lausannois.

L’épopée de l’automne 2000

Le nom d’Olivier Baudry restera aussi lié à l’une des plus belles épopées européennes de l’histoire du LS. Qualifié pour la Coupe de l’UEFA en tant que vice-champion, le Lausanne-Sport élimine successivement les Irlandais de Cork City puis les Russes du Torpedo Moscou avant de réussir un authentique exploit en boutant Ajax Amsterdam hors de la compétition (1-0, 2-2). L’aventure se termine toutefois au tour suivant (16es de finale) face au FC Nantes, le club que Waldemar Kita allait justement acquérir sept ans plus tard.

La suite de la brève aventure lausannoise de Baudry sera moins enthousiasmante. Après le licenciement de Pierre-André Schürmann, juste avant Noël et alors que le LS occupait le haut du tableau, Viktor Zvunka ne fait qu’accélérer la descente aux enfers. Alors que Kita se sépare de tous ses bons éléments, Baudry rejoint Saint-Etienne en 2001, après avoir porté à 31 reprises le maillot lausannois (11 buts). De nouveau victime de blessures récurrentes, il ne joue que dix matches avant de terminer son parcours aux SR Delémont dès 2005. Un club et une région auxquels il est toujours resté très attaché et qu’il ne quittera que neuf ans plus tard pour retourner à Sochaux afin de s’occuper de la relève. Un retour aux sources pour cet ancien capitaine qui a porté haut les couleurs sochaliennes (238 matches).

(24 heures)

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