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Marcelle Perret-Gentil, non-conformiste jusqu’à son dernier souffle

Marcelle Perret-Gentil de Kenzac Marcelle Perret-Gentil de Kenzac© DR

Aux prises depuis plusieurs années avec des maux incurables et des douleurs qui commençaient à avoir raison de sa passion pour la vie et les arts, Marcelle Perret-Gentil a décidé d’écrire elle-même la dernière page de son existence. Avec le soutien de l’association Exit, elle s’est éteinte sereinement le 25 février dans son appartement de Chancy (GE).

Marcelle Perret-Gentil aimait à dire que sa vie avait été faite d’amours. Amour de la musique tout d’abord. Très douée, la jeune Marcelle Kauffmann a fait des études de piano couronnée par une virtuosité. Elle obtiendra même du grand chef d’orchestre allemand Franz von Hoesslin qui avait fui le nazisme à Genève qu’il l’aide à se perfectionner en allant frapper à sa porte après un concert qui l’avait enthousiasmée. D’une indépendance rare pour l’époque, Marcelle Kauffmann avait quitté le confortable appartement familial à 18 ans. C’était les milieux de l’art qui l’intéressaient par-dessus tout. Outre la musique, elle aimait aussi la poésie et n’hésite pas, un jour, à aller proposer ses vers à Paul-Fabien Perret-Gentil qui deviendra par la suite l’homme de sa vie. Ce coup de foudre fera jaser. L’éditeur est encore marié et de 24 ans son aîné. Mais ils tiendront bon, se marieront et leur union ne prendra fin qu’avec la mort de Paul-Fabien Perret-Gentil en 1973.

Plus de 25 ans dédiés au théâtre
Avec son compagnon devenu ensuite son mari, Marcelle Perret-Gentil entreprend une carrière de comédienne et de metteure en scène sous le nom de Marcelle de Kenzac. Paul-Fabien Perret-Gentil qui a créé le Théâtre de Poche à Genève en 1938 fonde alors le Théâtre du Petit-Chêne à Lausanne qu’il lui confie. Le couple propose un répertoire qui va du vaudeville au théâtre contemporain. Marcelle de Kenzac jouera ou mettra en scène une cinquantaine de pièces – de Feydeau à Tennessee Williams- en plus de 25 ans. Sa création mondiale d’Agnès de Max Frisch en 1973, au Poche et à la Comédie de Genève lui vaudra notamment des critiques enthousiastes. En 2006, Marcelle de Kenzac jouera encore le rôle d’une grand-mère émouvante dans « la clé des Champs », un court-métrage de Floriane Closuit.

Editrice jusqu’à 70 ans
A la mort de son mari, en 1973, Marcelle Perret-Gentil reprend seule les rênes des éditions Perret-Gentil. Quand elle sera contrainte de mettre la clé sous la porte en 1989, plus de 6000 ouvrages auront été publiés depuis la création de cette maison en 1937. Ce n’est pas pour autant que Marcelle Perret-Gentil renoncera à encourager et à soutenir les artistes de Genève, ni à animer son cercle littéraire du mardi dans la Vieille-Ville. Peu à peu, la maladie restreindra ses activités, mais jusqu’il y a peu, elle donnait encore des leçons de piano. Marcelle Perret-Gentil de Kenzac va retrouver son mari au cimetière des Rois, lieu de sépulture que la Ville de Genève réserve à celles et ceux qu’elle veut honorer. La lettre des autorités municipales lui confirmant qu’elle y serait accueillie lui est parvenue peu avant son décès.

Anne Kauffmann


 

Marcelle Perret-Gentil

Avis de décès

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Tribune de Genève le 27 février 2009

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Tribune de Genève le 28 février 2009

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Françoise Alvarez née Roques
Marraine, je t'ai toujours appelée "marraine" même si tu étais la marraine de ma maman. Tu sais que je t'aime , mais bonté que tu me manques. Georgy, Véro et les enfants je vous embrasse très très fort. Françoise Six-Fours (France)

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