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LA CHANTEUSE LHASA

LhasaLhasa de Sela avait été sacrée "meilleure artiste des Amériques" aux Awards for World music de la BBC. © KEYSTONE

Le voyage se termine pour Lhasa

La chanteuse de 37 ans
a succombé à un cancer
du sein le 1er janvier à Montréal.

En trois albums, elle s’était imposée comme une artiste sans frontières, mêlant les langues et les styles.

Alors que les sixties vivent encore avec force dans l’inconscient collectif, leurs rejetons les plus brillants commencent déjà à disparaître… Née en 1972 à Big Indian, petit village des montagnes de Catskill, près de New York, la chanteuse Lhasa de Sela est décédée le 1er janvier à son domicile de Montréal, des suites d’un cancer du sein contre lequel elle luttait depuis 2008.

A sa manière, la musicienne personnifiait au présent des valeurs dont on parle le plus souvent au passé, pour en évoquer les gloires et les utopies révolues.

Fille d’Alejandro Sela, écrivain et prof mexicain, et d’Alexandra Karam, actrice et photographe américaine, la jeune Lhasa a connu une vie de beatnik, voyageant allègrement en bus et en famille sur les routes des Etats-Unis et du Mexique. Une existence à l’écart de la télévision et de l’école, ses parents assurant l’éducation de leurs enfants.

Références hispaniques

De sa mère, elle gardera le goût des airs tristes, et de son père les références hispaniques, sa langue de prédilection pour ses chansons – son premier album, La Llorona, succès immédiat de 1997, est entièrement composé de titres en espagnol. Curieuse de toutes les sonorités, la chanteuse s’essaie aussi au français (elle a vécu quelque temps dans la région de Marseille) et à l’anglais, mais a également tenté l’italien, le russe, le portugais et l’allemand.


A 12-13 ans, la famille débarque à San Francisco et la jeune fille s’assied tout de même derrière un pupitre d’école. Elle commence aussi le chant et passe régulièrement à Montréal – ville où elle finira par s’installer – pour rendre visite à ses trois sœurs qui travaillent (comme funambule, notamment) pour le Cirque du Soleil.

Elle-même, après le triomphe de La Llorona, vagabondage de musiques latinos, tsiganes et country qui se vendra à plus d’un demi-million d’exemplaires, participera à l’aventure du Cirque Pocheros, s’intégrant dans la troupe, loin du bastringue médiatique de la pop. Il faudra attendre 2003, et l’album The Living Road, pour qu’elle revienne au disque, mêlant cette fois les langues à ses sonorités métissées où s’entendent harpe, guitares, pedal steel, accordéon, clarinette, piano.


Cette foraine à la tristesse entraînante a croisé la route de frères de musique comme Tindersticks, Arthur H ou Patrick Watson. Son dernier album, sobrement intitulé Lhasa , est sorti en 2009.

On comprend désormais mieux son titre, comme un nom sur une tombe, et sa tonalité grave, tout en litanies et prières country-gospel. L’an dernier, quand on l’interrogeait sur ce radicalisme, la chanteuse nous répondait encore en résistante, figure d’une globalisation à visage humain: «Il s’agit bien de choisir dans quel monde on a envie de vivre. Il n’y a pas qu’une seule vitesse, une seule couleur, sur cette terre. Il n’y a pas que ce supermarché où les produits et les artistes crient «Achetez-moi!»

BORIS SENFF

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Elisa Monterde
Qué pena de saber que te has hido... Muchos gracias por tu voz y tus palabras que han accompañado mi alma en mis viajes... Sobre todo en mexico. Espero que estas bien y que sigues cantando como nadie lo hace. vaya con dios.. Elisa, Suiza.


Annie Noirot
UNE PROFONDE TRISTESSE EN CE DEBUT D'ANNEE. LA VOIX ET LA MUSIQUE ENVOUTANTES DE LHASA CONTINUERA DE M'ACCOMPAGNER... JE PENSE QU'ELLE SERA ETERNELLE.


Rib Heir
Merci Lhasa, pour les nuits passées à tes côtés. Une lumière intense t'entoure maintenant.


Maria Ferreira
Quand on aime une voix comme la tienne, ni même la mort pourra l`effacer. repousa in paz.

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