Jacques Martin, père d'Alix et gloire de la BD franco-belge
Le 1er octobre 2008, Jacques martin (à gauche) présentait un nouvel album de la série Jhen, dessiné par Thierry Cayman, dont l'action se déroule au château de Chillon. © Edouard Curchod/Archives
L'un des derniers grands survivants de la bande dessinée franco-belge des années 1950, Jacques Martin, père du célèbre héros Alix l'intrépide et spécialiste des séries historiques, s'est éteint jeudi en Suisse à 88 ans.
"Mon père est mort dans son sommeil ce matin des suites d'un oedème pulmonaire, à la clinique d'Orbe", a déclaré à l'AFP sa fille Frédérique Martin.
"Il avait eu plusieurs alertes depuis la fin novembre et avait dû être hospitalisé. Hier soir il souffrait, mais sa mort, même si selon ses médecins il n'était plus opérable, nous a pris par surprise", a-t-elle raconté.
Né à Strasbourg (est de la France) en 1921, il avait fait des études aux Arts et Métiers en Belgique, pays où il avait rencontré sa femme Monique et eu leurs deux enfants, Frédérique et Bruno.
Il laisse derrière lui une oeuvre abondante. Passionné à la fois de dessin et d'histoire, Jacques Martin était l'auteur de séries --Alix, Lefranc, Jhen, Arno, Kéos, Loïs et Orion-- connues pour leur caractère épique, leur précision du trait et la minutie de leur documentation historique.
Au total, les quelque 120 albums d'aventures de ses différents héros se sont vendus à 20 millions d'exemplaires, en 15 langues.
Il commence à publier en 1946 dans l'hebdomadaire Bravo. Il publie notamment, sous la signature de Marleb, un "Secret du calumet" où transparaît encore un peu naïvement l'influence d'Hergé.
A partir de 1948 au sein du Journal de Tintin, il côtoie le "maître", Hergé, alors "directeur artistique" de l'hebdomadaire, ainsi qu'Edgar P. Jacobs.
Ces grands représentants de l'école dite "de Bruxelles" étaient les adeptes de la "ligne claire", faite de réalisme et de traits précis.
Entré aux Studios Hergé en 1953, il a collaboré pendant 19 ans avec le créateur de Tintin. Mais cet homme au caractère ombrageux confia un jour à l'AFP qu'il aspirait à voir reconnaître sa propre oeuvre à sa juste valeur.
Il a dominé le genre de la bande dessinée historique, faisant revivre la Rome de César avec Alix, la guerre de Cent Ans avec Jhen, ou encore l'épopée napoléonienne en compagnie d'Arno, créée avec le dessinateur André Juillard.
Au travers du texte, littéraire et abondant, des poses hiératiques des personnages et de paysages majestueux et colorés, ses albums illustrent la continuité de l'ambiance "martinienne".
Il avait créé en 1948 pour le Journal de Tintin le personnage d'Alix --ancien esclave gaulois des Parthes devenu un proche de César-- puis en 1952 celui du journaliste Lefranc, son héros le plus contemporain.
Le premier album d'Alix, "Alix l'intrépide", sera suivi par une trentaine d'autres, dont "Le Sphinx d'or", "Le dernier spartiate", "Le fils de Spartacus" ou "L'enfant grec".
Une vingtaine d'albums sur les aventures du journaliste Lefranc paraîtront.
Jacques Martin a longtemps collaboré avec Roger Leloup qui fut son assistant avant de devenir lui-même l'auteur de la bande-dessinée "Yoko Tsuno".
Atteint d'une maladie oculaire, Jacques Martin avait dû abandonner son travail de dessinateur en 1992, continuant cependant à assurer scénarios et dialogues, mais en confiant le dessin à d'autres futures vedettes comme Gilles Chaillet.
Après la disparition le 2 janvier à 78 ans du dessinateur franco-belge Tibet, créateur de Ric Hochet et Chick Bill, sa mort laisse bien seuls de grands contemporains comme Michel Graton et Albert Weinberg, pères respectifs de Michel Vaillant et Dan Cooper, et âgés aujourd'hui de 86 et 87 ans.
AFP


24 Heures - le 25 janvier 2010
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Bousval
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Belgique.

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Pascal Houmard
Un grand merci à ce précurseur et ce fou d'Antiquité, qui m'a passé un peu de sa passion! C'est en partie grâce à lui que j'ai fait des langues anciennes mon métier...
Pascal Houmard
Laurent Chervet
J'ai découvert Jacques Martin ou plutôt Alix quand j'avais 8 ans et depuis je suis resté en admiration devant toutes ses oeuvres. J'ai eu l'occasion de le rencontrer en Alsace pour la première fois à Illzach en 95 je crois au festival de bd. Il était isolé des autres auteurs et seul devant son stand. Je n'en croyais pas mes yeux que j'étais devant la personne qui m'a tant fait rêver. J'ai pu lui dire toute mon admiration mais Monsieur Martin est resté très modeste.
Il m'a fait une dédicace très maladroite à cause des problèmes de vue mais pour moi elle reste la plus chaleureuse dans mon coeur. Jacques Martin est peut être parti mais il reste encore présent chez moi. Il suffit que j'ouvre un album d'Alix et de Lefranc. Merci Monsieur Martin pour tout ce que vous avez fait. Il ne reste plus qu'à relire tous vos albums.
Laurent