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Albert Bachmann

Albert BachmannAlbert Bachmann a dirigé les services de renseignements entre 1976 et 1979.
© Keystone

L’agent secret atypique Albert Bachmann vient de mourir. Il avait écrit la bible de la résistance civile.

Comment soutenir les actions de la résistance dans une Suisse occupée par l’ennemi? Comment réagir en cas de bombardement atomique? Quelle quantité de nourriture stocker dans son abri antiaérien? Toutes les réponses se trouvent dans le best-seller helvétique de la guerre froide: «Défense civile». Son auteur, Albert Bachmann, est décédé il y a dix jours, à l’âge de 81 ans. Avec lui, c’est une page rocambolesque des services secrets suisses qui se tourne.

Sympathisant communiste durant sa jeunesse, le Zurichois fait carrière dans l’armée et dirigera les services de renseignements suisses entre 1976 et 1979. «Je suis le seul officier d’état-major avec une moustache et un tatouage sur l’avant-bras», aimait à dire Bachmann à propos de lui.


Le petit livre rouge

L’homme, un patriote convaincu, devient connu du grand public en 1969, lorsque paraît son livre «Défense civile». L’ouvrage détaille par le menu comment survivre à une guerre et résister à l’occupation armée de la Suisse. Il est tiré à 2,6 millions d’exemplaires et distribué dans tous les foyers helvétiques. «C’est probablement le livre suisse qui a connu le plus grand tirage de l’histoire», explique Felix Nöthiger, historien militaire et biographe d’Albert Bachmann. «Défense civile» a également connu les succès hors des frontières helvétiques. Il en existe par exemple des versions japonaise et égyptienne. Même l’Espagne fasciste du général Franco a tenté d’acheter les droits de traduction. Ce qu’a refusé le militaire.


Une armée secrète

Albert Bachmann ne doit pas sa notoriété dans le monde de l’espionnage qu’à son best-seller. L’officier de carrière est nommé en 1976 à la tête des services de renseignements helvétiques. A ce poste, il dirige notamment trois organisations ultrasecrètes, dont les «Services spéciaux». Cette armée de l’ombre, ancêtre de la P-26, devait assurer la résistance en cas d’occupation de la Suisse par une puissance étrangère. Ses membres étaient formés au maniement du pistolet, des explosifs, au cryptage et à la propagande.

En cas de guerre, Bachmann prévoyait de délocaliser le Conseil fédéral dans le sud de l’Irlande afin de diriger la résistance à distance. L’agent y fait construire des maisons et prévoit des coffres-forts… pour stocker l’or de la Banque nationale. L’opération est à ce point secrète que même le gouvernement ignore tout de ces plans. Mais les activités et l’autonomie d’Albert Bachmann finissent par embarrasser les autorités fédérales. Il est congédié en 1980.

«Il a suscité des jalousies parmi les cadres de l’armée en raison de son profil atypique et de son origine modeste», explique Felix Nöthiger. Pour l’historien militaire, l’ex-colonel était un homme d’action, un créatif doté d’une grande capacité d’analyse. Un ancien employé des services secrets garde un souvenir plus mitigé. «Bachmann était un boy-scout exalté. Il voyait le mal partout et avait la certitude de détenir la vérité absolue sur la défense de la nation.»

Simon Koch

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Richard Roulet
Sénrt zgiz, pnomd ztivz ritrm "=(*- k^rmh stfri mrcvr éérmz dpibr mot. Ceci est un cryptage selon les leçons d'Albert. Salut l'Ami! plt Roulet

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