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En souvenir de ...

Dimitrijevic Vladimir

Vladimir DimitrijevicVladimir Dimitrijevic, Lausanne 6 avril 2011. © Odile Meylan

Fondateur de L’Age d’Homme à Lausanne, Vladimir Dimitrijevic a trouvé la mort près de Paris. L’homme de lettres avait 77 ans.

 

Une figure légendaire de l’édition littéraire européenne a disparu en la personne de Vladimir Dimitrijevic. Son van commercial est sorti de la route près de Clamecy, mardi soir, avant de percuter un autre véhicule, provoquant la mort immédiate du conducteur, seul à bord. Bien connu à Paris et dans les grandes foires du livre, de Francfort à Montréal, le directeur de L’Age d’Homme, âgé de 77 ans, avait fondé sa maison d’éditions en 1966 et publié plus de 3000 titres.

Mondialement connu pour son catalogue slave, établi avec la collaboration des professeurs Georges Nivat et Jacques Catteau, L’Age d’Homme avait également redimensionné l’édition romande. A côté de l’intégrale mythique du Journal intime d’Amiel et des Œuvres complètes de Charles-Albert Cingria, réunies par Pierre-Olivier Walzer, de nombreux auteurs contemporains y ont publié leurs ouvrages aux bons soins particuliers de Claude Frochaux. En outre, les collections de cinéma, sous la direction de Freddy Buache, de théâtre, de sciences humaines ou de spiritualité, entre autres domaines, ont souvent fait référence au-delà de nos frontières.

Bien au-delà de la Romandie, Vladimir Dimitrijevic n’eut de cesse de faire partager sa passion pour un titan de la littérature américaine, Thomas Wolfe. La révélation du bouleversant Vie et destin de Vassili Grossman, arrivée en Suisse sous la forme de microfilms miraculeusement sauvés, est également à son crédit. De la même façon, il hypothéqua sa maison des hauts de Lausanne afin de publier les «pavés» d’Alexandre Zinoviev, des Hauteurs béantes au mémorable Avenir radieux (Médicis 1976).

Au nombre des auteurs «phares» vivants défendus par «Dimitri», comme tout le monde l’appelait, figurent en outre Georges Haldas au premier rang des écrivains romands, les Français Vladimir Volkoff ou Pierre Gripari. Mais l’originalité de L’Age d’Homme a souvent consisté en découvertes dans les périphéries francophones de la Belgique ou du Québec.

Un pseudo de Simenon

La destinée de Vladimir Dimitrijevic, né en 1934 dans la Yougoslavie de Tito, est elle-même un fabuleux roman. Fils d’un artisan horloger-bijoutier jeté en prison en 1945, comme nombre de commerçants, Vladimir, fou de littérature et de football, fuira la conscription en 1954 pour la Suisse sous le nom d’un personnage de Simenon.

Dans Autobiographie d’un barbare , Dimitri a d’ailleurs raconté ses années d’enfance et de jeunesse hautes en couleur en Macédoine, puis à Belgrade. Une série de propos recueillis par le soussigné, Personne déplacée . Arrivé en Suisse le 4 mars 1954 avec 12 dollars en poche, le jeune déserteur de l’armée du peuple devint libraire à Neuchâtel puis à Lausanne, chez Payot. Impatient de combler les «vides» d’un catalogue selon son cœur, Dimitri, avec quelques amis et son épouse, Geneviève, fonda L’Age d’Homme en 1966. Il ne tarda pas à tisser des liens avec Paris, où il se rendait régulièrement avec Algernon , sa camionnette d’éternel errant dans laquelle il serrait son sac de couchage, par mesure d’économie. Ses rapports avec l’argent marquaient d’ailleurs une partie de sa légende, autant que ses positions idéologiques…

Orthodoxe croyant et conservateur, il passa ainsi d’un anticommunisme résolu à un nationalisme serbe qui le rapprocha, dès la fin des années 1980, de ceux-là même qui avaient persécuté son père. Il devient alors l’éditeur des grands romans serbes historico-politiques, de Dobritsa Tchossitch, futur président de la Serbie en relation directe avec Slobodan Milosevic et même Radovan Karadzic. Dimitrijevic et son «lieutenant» Slobodan Despot animèrent un Institut serbe à vocation de propagande (ou de contre-propagande, selon eux) qui entacha durablement la réputation de L’Age d’Homme. Cela étant, l’héritage de cet éditeur sans pareil ne saurait se réduire à de tels choix, si discutables qu’ils aient pu être .

  

Jean-Louis Kuffer

Avis de décès

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Tribune de Genève le 1 juillet 2011

TG Avis Dimitrijevic Vladimir Ses enfants: Marko Dimitrijevic , avec sa femme Shelly et leurs enfants Anna, Max et Sebastiano et Andonia Dimitrijevic ; ainsi que les familles parentes, alli?es, les ami(e\)s)Tj-0.0770553 Tc30.6688 0 Td(et les collaborateurs , ont lÚimmense tristesse de vous faire part du d?c?s de Monsieur Vladimir DIMITRIJEVIC fondateur et directeur des ?ditions ®LÚAge dÚHomme¯, Lausanne leur tr?s cher p?re, grand-p?re, collaborateur, alli? et ami , enlev? ? leur tendre affection le 28 juin 2011, dans sa 78e ann?e. En lieu et place de fleurs, vous pouvez contribuer ? soutenir son Ìuvre dÚ?diteur ind? - pendant en versant un don sur le compte des ? ditions ® L ÚAge dÚHomm e ¯ , C cp 10-27075-2. Domicile de la famille: Andonia Dimitrijevic, 5, rue de lÚAle, 1003 Lausanne. Cet avis tient lieu de faire-part.

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24 Heures le 1 juillet 2011

VQ Avis Dinitrijevic Vladimir

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Tribune de Genève le 2 juillet 2011

TG Avis Dimitrijevic Vladimir Lausanne Toute lÚ?quipe des ?ditions LÚAge dÚHomme; Ses enfants: Marko Dimitrijevic , avec sa femme Shelly et leurs enfants Anna, Max et Sebastiano, et Andonia Dimitrijevic ainsi que les familles parentes, collaborateurs, alli?(e\)s)Tj-0.0770553 Tc32.6989 0 Td(et ami(e\)s,)Tj-0.0855401 Tc-222.103 -11.688 Td(ont lÚimmense tristesse de vous faire part du d?c?s de Monsieur Vladimir DIMITRIJEVIC fondateur et directeur des ?ditions LÚAge dÚHomme, Lausanne leur tr?s cher directeur, p?re, grand-p?re, alli? et ami , enlev? ? leur tendre affection le 28 juin 2011, dans sa 78e ann?e. Un office orthodoxe aura lieu ? la chapelle B du cimeti?re de Montoie, ? Lausanne, le mardi 5 juillet, ? 15 heures. En lieu et place de fleurs, vous pouvez contribuer ? soutenir son Ìuvre dÚ?diteur ind? - pendant en versant un don sur le compte des ?ditions LÚAge dÚHomme: Suisse: Ccp 10-27075-2, Banque Cantonale Vaudoise, Lausanne, L 0533.17.70, IBAN CH53 0076 7000 L053 3177 0, BIC/SWIFT: BCVLCH2LXXX. Etranger: Banque Cantonale Vaudoise, Lausanne, agence Saint-Fran?ois , compte Euro Nø C 0963.18.55 , IBAN CH57 0076 7000 C096 3185 5 , SWIFT : BCVLCH2XXX. Domicile de la famille: Andonia Dimitrijevic, 5, rue de lÚAle, 1003 Lausanne. Cet avis tient lieu de faire-part.

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24 Heures le 2 juillet 2011

VQ Avis Dimitrijevic Vladimir Lausanne Toute lÚ?quipe des Editions LÚAge dÚHomme, Ses enfants: Marko Dimitrije vic , avec sa femme Shelly et leurs enfants Anna, Max et Sebastiano et Andonia Dimitrije vic ainsi que les familles parentes, collaborateurs, alli?(e\)s)Tj-0.000348333 Tc35.1733 0 Td(et ami(e\)s)Tj-0.000934014 Tc-233.997 -10.0917 Td(ont lÚimmense tristesse de faire part du d?c?s de Monsieur Vladimir DIMITRIJEVIC F onda t eur e t dir ect eur de s E ditions LÚAge dÚHomme , Laus anne leur tr?s cher directeur, p?re, grand-p?re, alli? et ami enlev? ? leur tendre affection le 28 juin 2011, dans sa 78e ann?e. Un office orthodoxe aura lieu en la chapelle B du cimeti?re de Montoie ? Lausanne le mardi 5 juillet ? 15 heures. En lieu et place de fleurs, vous pouvez contribuer ? soutenir son Ìuvre dÚ?diteur ind?pendant en versant un don sur le compte des Editions LÚAge dÚHomme: Suis se CCP 10-27075-2 Banque Cantonale Vaudoise, Lausanne L 0533.17.70 Iban CH 53 0076 7000 L053 3177 0 BIC/SWIFT : BCVLCH2LXXX Etr anger Banque Cantonale Vaudoise, Lausanne, agence Saint-Fran?ois Compte Euro N o C 0963.18.55 Iban CH57 0076 7000 C096 3185 5 Swift BCVLCH2XXX Domicile de la famille: Andonia Dimitrijevic, rue de lÚAle 5, 1003 Laus anne . Cet avis tient lieu de faire-part.

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24 Heures le 4 juillet 2011

VQ Societes Dimitrijevic Vladimir LÚA S SOCIA TION DES AMIS DE CHARLES - ALBER T CINGRIA a la profonde tristesse de faire part du d?c?s, le mardi 28 juin 2011, de Monsieur Vladimir DIMITRIJEVIC f ondat eur e t dir ect eur des E ditions LÚA ge dÚHomme . Pour les obs ?ques, pri?re de se r?f?rer ? lÚavis de la famille.

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24 Heures le 5 juillet 2011

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Jozef M. Rydlo
Nous avons publié deux livres chez Dimitri, ils concernait la Slovaquie, le troisième est resté inachevé, la Slovaquie fut un pays et un peuple alors méconnu... Je garde un souvenir d'un homme qui savait bien ce qu'il voulait, et sa prophétie pour la Serbie s'est réalisée – "Ils nous boufferont tous..." me disait-il avant les guerres fratricides, avant que Kosovo se sépare et la Serbie ne perd le berceau de sa foi, de sa langue, de sa culture. Oui, il était un éminent éditeur, mais pour nous autres Slaves il était celui qui a su faire connaitre au monde des "grands" que les petits, notamment les Slaves, et les chrétiens, existent aussi, et que leurs cultures ont le droit au soleil de l'humanité. Merci pour la Slavica ! Bon voyage, Dimitri, et au revoir, cher Ami. p.s. A M. Kuffer une observation: dire que Dimitrijevic est né "en 1934 dans la Yougoslavie de Tito", lorsque c'était le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, voire le Royaume de Yougoslavie, et le future Maréchal courrait les jupons,n'est pas une erreur, c'est une faute, et grave faute pour un ami de Dimitri, pour un homme de culture qu'est la votre M. Kuffer, et si on vous suggérais de relire l'histoire serbe et yougoslave du 20e siècle publiée par l'Age d'Homme précisément... jmr


François De Siebenthal
Chère famille, Nous venons d'apprendre le décès de votre père et notre ami qui avait publié l'un de nos livres: "Europe, l'hiver démographique" et qui voulait en publier la suite sur les causes financières de cet hiver. Toutes nos condoléances familiales. Ayant passé par cette épreuve récemment à plusieurs reprises (papa, maman, beau-père, ami, frère...), nous comprenons bien cette douleur et la partageons. En amitiés et en union de prières. Avec nos meilleures salutations. François, Cécilia et toutes la famille de Siebenthal


Jean-michel Olivier
Dimitri, c’était l’homme des passions partagées (les livres, le foot, indissociables). Des défis impossibles. Toute sa vie, il a traversé les frontières, bravé les interdits (esthétiques ou idéologiques) et brisé les murs de silence. Il avait de l’édition une vision mystique : il devait publier Haldas et Grossman, Corti et Cingria. Non seulement parce qu’il aimait leurs œuvres, mais parce que celles-ci devaient appartenir à tout le monde. Au genre humain, pourrait-on dire. C’était à la fois un passeur et un agitateur d’idées. Qui aimait être contredit et trouvait dans la discussion une vigueur, souvent teintée d’humour, qui stupéfiait ses interlocuteurs. Un homme d’une rare intelligence et d’une grande générosité. Il restera longtemps dans nos cœurs. Jean-Michel Olivier


Marek Mogilewicz
C'est avec une immense tristesse que j'ai appris la mort de Vladimir Dimitrijevic, un des plus grands éditeurs de la francophonie. Au revoir Monsieur Vladimir, merci pour ces trente ans de notre connaissance et merci pour plus de 4500 livres qui ont pu naître grâce à vous. C'était vraiment "l'Age d'homme". Je partage la douleur de toute sa famille.


Jean-Louis Etienne
Cher Vladimir, J'ai été très heureux de passer une journée entière avec toi à la "Foire du Livre 2011" de Bruxelles et j'étais impatient de te revoir en 2012. Je hais les tracteurs ! Jean-Louis Étienne


Alain Ducret
De retour de Porto, je viens d’apprendre la triste nouvelle. J’ai travaillé quatre ans à L’Age d’Homme, avec Geneviève, entre 1968 et 1971, durant les années de fondation, dans l’ombre. Dimitri était un passeur certes, j’ai été un passant qui a appris énormément à son contact et rencontré tant de personnages. Je peux en outre me vanter d’avoir été l’"éditeur" de Marko. Il me confiait son journal de classe, ses dessins, ses bandes dessinées que je publiais sur une offset qui traînait à la rue de Genève. Je voudrais lui témoigner ici ma sympathie. C’est un peu « tenter de remonter le Niagara » comme disait Céline du temps qui passe, notre auteur préféré avec Vladimir, celui qui, entre autre, a provoqué notre rencontre et scellé notre amitié, chez Payot où j’étais alors apprenti libraire.

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