Michel Mohrt
Michel Mohrt © DR
L’homme de lettres, auteur d’une trentaine de romans, est décédé hier à Paris. Il était âgé de 97 ans.
L’académicien Michel Mohrt, auteur d’une trentaine de romans et d’essais marqués par le goût des causes perdues et des grands espaces, est décédé hier à l’âge de 97 ans, a indiqué son éditeur Gallimard.
Romancier de la mer, essayiste, critique cinématographique, spécialiste de littérature américaine, Michel Mohrt, membre de l’Académie française depuis 1985, cultivait la discrétion comme une vertu.
Né le 28 avril 1914 à Morlaix, dans le Finistère, Michel Mohrt fait des études de droit et de lettres à Rennes. Il s’inscrit au barreau de Morlaix en 1937, fait la campagne de 1940 comme officier sur le front des Alpes, s’inscrit ensuite au barreau de Marseille, puis accepte un poste dans l’industrie et passe une partie de l’Occupation à Vichy.
Il s’installe en 1947 au Canada, puis aux Etats-Unis, où il enseigne pendant cinq ans dans de prestigieuses universités américaines. Devenu l’un des meilleurs spécialistes français de littérature anglo-saxonne, il entre en 1952 chez Gallimard où il dirige les traductions de langue anglaise.
Cet homme élégant, à la haute silhouette d’officier colonial, avec moustaches et cigare, ressemblait aux personnages de ses romans. Des Nomades (1951) à La prison maritime (1961) ou L’Ours des Adirondacks (1969), ses héros fuient leur époque au fil de leurs obsessions.
Critique littéraire au Figaro, Michel Mohrt y a aussi tenu la rubrique cinéma, puis télévision.
L’écrivain a obtenu de nombreuses récompenses: Grand prix du roman de l’Académie française pour La prison maritime (1962), Grand prix de la critique littéraire pour L’air du large (1970), Grand prix de la ville de Paris (1990) pour l’ensemble de son œuvre.
Ces dernières années, il avait publié en 2000 Tombeau de la Rouërie (Gallimard), l’histoire de ce marquis breton qui avait participé à la Guerre d’indépendance des Etats-Unis à la tête d’un corps franc. Rentré en France à la veille de la Révolution, il avait créé une armée clandestine en Bretagne pour s’opposer aux excès de la Convention.
En 2002, il avait écrit Jessica ou l’amour affranchi.
Michel Mohrt était également officier de la Légion d’honneur, officier des Arts et des Lettres et avait été décoré de la Croix de guerre.
Michel Mohrt est décédé hier, à Paris, à l’âge de 97 ans.
AFP
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Michel Sulpin
Chers famille et amis,
J'ai une belle lettre de Michel Mohrt datée du 6 Avril 2000.
Il m'envoyait une page du Tombeau de la Rouërie : On s'était vu aux obsèques de Louis Leprince-Ringuet et il m'avait fait rire à propos du Marquis breton qui lui ressemblait si fort.
L'Académie Française perd un de ses grands hommes. J'aimais bien lire ses livres.
Angevin, aux portes de Bretagne j'aimais lire et relire L'Air du large...
Permettez moi de vous transmettre mes sincères et humbles condoléances.
Cordialités.
Michel Sulpin