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Denise Gence

Denise GenceDenise Gence © DR

L’ex-sociétaire de la Comédie-Française s’est éteinte dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’âge de 87 ans. Elle avait interprété des centaines de rôles au Français et avait aussi joué dans des films

Quelque 125 rôles et des milliers de représentations pour 40 ans de Comédie-Française. Agée de 87 ans, Denise Gence ne montera plus sur les planches. Elle est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi. Visage rond, cheveux tirés en chignon, l’actrice évoquait les duègnes et les femmes acariâtres, dont elle avait souvent endossé l’habit, en dépit de ses yeux rêveurs et de son grand sourire.

«Denise était un modèle de modestie, de retenue et de forces mêlées, a réagi Muriel Mayette, administratrice de la Comédie-Française. Une immense actrice à la voix grave et veloutée, au sourire envoûtant des femmes qui se savent pas belles et qui donnent tout à chaque échange.» Et de se souvenir: «Elle aimait par-dessus tout jouer, jouer sans tricher, jouer pour vivre toutes les vies.»

Passionnée de peinture, tout juste diplômée du Conservatoire national d’art dramatique, où elle étudie pendant la guerre, l’actrice est engagée au Français en 1946, à l’âge de 22 ans. Grâce à un don pour la métamorphose, elle joue dans les productions phares de l’après-guerre «des rôles de composition», comme Bélise dans Les femmes savantes, Marceline dans Le mariage de Figaro ou Mme Lepic dans Poil de carotte. En 1958, elle devient sociétaire de la Comédie-Française, après un immense succès dans Mademoiselle, de Jacques Duval. Elle enchaîne des pièces de Molière, Racine, Marivaux, Giraudoux, Audiberti, Anouilh et connaît la consécration dans les années 1970. Elle quitte la grande maison en 1986, en devient sociétaire honoraire, munie du Grand Prix national du théâtre (1983) et du Molière de la comédienne pour son rôle dans Avant la retraite, de Thomas Bernhard.

Son visage et sa grande silhouette deviennent familiers aux téléspectateurs grâce à l’émission Au théâtre ce soir. Elle tient également des rôles au cinéma comme dans Buffet froid, de Bertrand Blier, en 1979.

«Mes rôles ne sont ni de jeunes premières, ni des coquettes, ni des soubrettes, expliquait-elle, mais les mères, les folles, les écervelées, les douloureuses.» Puis: «Tous les personnages que j’ai interprétés, je les ai cherchés comme opère un plongeur en apnée. Il file par le fond, puis trouve son étoile de mer et revient à la surface avec son trésor.»

A l’aube de l’an 2000, elle jugeait «toujours aussi magique que des gens s’asseyent dans une salle en attendant tout de ce qui va se passer, alors qu’ils savent très bien que rien n’est vrai». 

 

 AFP/24

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Jean-claude Guidetti
Mes condoléances à l'actrice décédée Denise Gence.


Michel Genton
Je l'ai vue la première fois quand j'étais enfant, en suivant le feuilleton "le chevalier de Maison Rouge" elle m'avait bouleversée. C'était une femme qui transmettait la réalité d'une façon poignante.

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