Envoyé par Marie le samedi 21 janvier 2012 à 13:44
oui, Rosette Poletti, vous avez raison. Quand on perd un enfant, on est tellement dans le chagrin qu'on s'occupe mal de ses autres enfants. Cela a été mon cas. Malheureusement, si j'avais été mieux soutenue les choses se seraient mieux passées.
Envoyé par Calamar le mardi 16 août 2011 à 22:29
C'est touchant et dur à la fois de lire ces messages et aussi réconfortant car on se sent moins seule. Mon frère à moi, il a un jour disparu, il y a 22 ans. Il a décidé de partir vivre ailleurs et ne nous a donné que peu de nouvelles puis quelques mois plus tard, plus rien. Pas de tombe, pas de deuil, parfois de l'espérance pour une mère. Pour moi, sa soeur et bien j'ai le souvenir de nos plaisanteries, de ses folies et lorsque l'on regardait à la télé ces émissions qui cherchent des personnes disparues, on aurait voulu être à la place de ces gens, on aurait aussi voulu de l'aide. Ces émissions en ont fait rire certains, nous, on ne rigolait pas. Nous on aurait aussi voulu nous entendre dire, on l'a retrouvé. Je vis avec l'espérance, je vis avec le regard de ma maman qui sourit mais son sourire, un jour il s'est voilé, car rien ne sera plus jamais comme avant. Alors ce n'est pas une mort, mais on y pense à la mort et on espère parfois encore, on rêve de retrouvailles qui n'arriveront peut-être jamais. Et moi aussi, je rêve de ce tonton que mes enfants auraient pu avoir. Il n'est pas bien loin, il est toujours avec moi.
Envoyé par Céline le vendredi 20 mai 2011 à 21:52
Mon frère de 22 ans est décédé il y a 1 mois d'un accident de moto et je me sens totalement orpheline...
C'est comme si une partie de moi avait disparu... c'est tellement dur de continuer à vivre et pourtant je ne sais quelle forme me soulève mais je continue à étudier et à vivre comme avant...
Envoyé par magali le lundi 10 janvier 2011 à 20:08
moi j' ai perdu toute ma famille par maladie et suicide en quinze mois.
mais je garde la tête haute malgré mon divorce et la maladie qui me touche maintenant
Envoyé par Edkemper le vendredi 28 août 2009 à 22:29
En 10 ans, j'ai réussi ma vie, fait de brillantes études, aidé beaucoup de gens, donné tout ce qu'il me restait. J'ai fait semblant de rire avec une habileté déconcertante, j'ai trompé tout le monde, j'ai beaucoup ri tout en passant ces dix ans à pleurer au-dedans, sentant mon âme prête à littéralement se déchirer j'ai eu peur de devenir folle au sens premier du terme. Seule, toujours seule, je n'ai rien construit... je suis belle, inteligente, cultivée, drôle, pleine d'empathie, riche de l'argent que je me suis tuée à gagner depuis ce 16 juillet... mais seule. J'ai 26 ans, j'ai perdu toutes les relations que j'ai voulu créer après sa mort..et je ne comprends plus... Si son âme était réellement quelque part, elle ne supporterait pas de me voir aussi désabusée de tout, alors j'ai fini par perdre Dieu lui aussi, avec ses belles phrases qui ne veulent rien dire et la culpabilité tacite qu'il avait fini par m'imposer... La vie, c'est une belle merde, à chaque tentative de redressement elle vous renvoie encore plus bas, avec une pente encore plus raide à remonter. Mes parents étaient deux, le sont toujours...moi je n'avais rien demandé. Moi, j'étais seule et la vie semble prête à m'imposer cette solitude ad aeternam. J'enseigne à de jeunes adultes tous les jours, je les aide à trouver leur voie, à leur transmettre mon savoir et je constate que ma vie est une farce.Je me trouve si hypocrite d'enseigner aux gens alors que tous ignore combien ma vie est à chier en dehors de mes cours, combien tout ce que je leur enseigne ne m'a jamais aidée un chouia dans la vie... Olivier est mort à 20ans, ses passagers sont indemnes est ne m'ont jamais reparlé depuis, Olivier m'a laissé à 16 ans et je me retrouve changée en une grosse imposture sur deux pattes, maigre et le regard à jamais voilé par le triste voile de l'"inespérance".
Envoyé par normajeanbecker le jeudi 22 janvier 2009 à 08:43
merci a vous aussi solveig, cela me fait vraiment du bien de vous avoir lu...je me demandai aussi si a 46 ans on peut encore faire quelque chose pour apaiser et faire son deuil. je me suis rendue compte encore recment a quel point je suis atteinte.:recemment j ai vu 2 soeurs dans mon cours de danse plaisanter ensemble et cela m a provoqué un vide intense...que ferait ma soeur maintenant? elle me manque cruellement, c est une certitude que j ai longtemps caché! en plus, a l epoque , on m a meme evincée a l enterrement...comme dit tres justement solveig, c est fou ce que l on peux fantasmer la dessus...on se sent coupable etre la survivante, et forcement, quoi que l on fasse, on ne peux pas lutter face a un enfant decedé...on se sent forcement,moins bien, moins interessant...bref , je reviens par hasard sur le site et suis surprise e ces messages, je vais peut etre contacter ce numero...salutations
Envoyé par Skippy le vendredi 2 janvier 2009 à 08:43
Bonjour à tous, je voulais savoir comment faire pour proposer un autre thème au début du site? En effet j'ai perdu ma maman à nouvel an l'an passé et j'aurai bien voulu peut être en parler et échanger avec d'autres. Merci pour vos information et plein plein de courage à tous!
Envoyé par Rosette Poletti le jeudi 18 décembre 2008 à 10:43
Bien sûr , à 49 ans , comme à 69 , il est toujours possible de participer à un groupe ou d'avoir un entretien. En téléphonant au 079 412 39 63 , vous obtiendrez des infos. à ce sujet.
Envoyé par solveig le jeudi 18 décembre 2008 à 08:43
Demande à Mme Poletti : à 49 ans, je peux encore demander une place dans un groupe de soutien comme vous parlez, comme j'aurais dû avoir à 4 ans ?
Envoyé par solveig le mercredi 17 décembre 2008 à 10:42
merci merci merci merci à vous normajeanbecker... je re-pleure, mais comme c'est "re-construisant" de réaliser que ce cauchemard est arrivé à d'autres... je me suis rendue compte en vous lisant que c'était donc bien objectivement un coup de la fatalité ce qui m'était arrivé, et non une sorte de punition uniquement destinée à ma personne pour avoir été peut-être une sorte de mauvaise fille ou mauvaise soeur...C'est effarant comme les fantasmes d'enfant peuvent durer et durer quelque part bien cachés dans nos tripes, à l'abri de notre "maturité" d'adulte...(Solveig, c'est le prénom que j'ai essayé d'échanger avec Sylvie...)
Envoyé par Rosette Poletti le mercredi 17 décembre 2008 à 08:42
Un immense MERCI aux deux internautes qui partagent leur peine en liaison avec le décès d'un frère ou d'une soeur. Ils rappellent à tous ceux qui les liront à quel point les enfants souffrent lors d'un deuil et combien il est indispensable de les aider, de les accompagner. Longtemps, on a cru que les enfants oubliaient rapidement et passaient à autre chose. Rien de plus faux ! Ils ont besoin d'assister aux funérailles et lorsque c'est possible de voir la personne décédée, ils ont besoin de parler de ce qu'ils vivent avec quelqu'un qui peut vraiment les écouter. Il existe aujourd'hui des groupes, des associations qui s'occupent de cela si les parents ou un membre de la famille ne peuvent pas le faire. Vivre un deuil c'est aussi dur pour un enfant que pour un adulte, il ne faut jamais l'oublier.
Envoyé par normajeanbecker le mardi 16 décembre 2008 à 08:42
Bonjour, je vous comprends vraiment, j'ai perdu ma soeur en 1965, et aussi, même chose, personne pour s'inquieter de ce que je ressentais, évincée à l'enterrrement, on ne s'est jamais inquiété de ma souffrance. il n y a pas longtemps, lors d une thérapie, j'ai compris à quel point cela m'avait perturbée. ma mère aussi, revendique sa douleur, sans jamais une seule fois avoir soulevé ma douleur à moi !
Envoyé par un(e) inconnu(e) le lundi 1 décembre 2008 à 08:42
quand mon frère est mort en octobre 1963, il avait 5 ans, j'en avais 4... Je n'ai reçu aucune info, aucune aide, tout ce dont je me souviens c'est qu'un jour ma mère s'est transformée en sorcière. Pendant des années, j'ai cru que j'avais rêvé d'avoir eu un frère...Personne ne parlait de lui. Jamais. Et surtout pas à moi. Après j'ai fini par comprendre qu'il avait "disparu" à la suite de son séjour à l'hôpital (un cancer au cerveau), où mon père m'avait emmenée une seule fois le voir de loin, vers la fin, je crois. Pendant quelques années, j'ai pensé que peut-être "on" avait menti à ma mère et qu'il avait été kidnappé en quelque sorte, et je l'ai cherché, cherché, cherché...en fantasmant sur la joie de ma mère si je parvenais à le ramener à la maison... Enfin, je n'ai compris qu'il n'y a que quelques semaines pourquoi je détestais entendre mon prénom (entre temps j'avais essayé d'en changer, mais c'était impossible). En fait, de ma naissance à la mort d'Olivier, j'avais toujours entendu, vu qu'on avait moins d'une année d'écart, "Olivier & Sylvie", pour venir manger, pour aller se coucher, pour ranger notre chambre, pour aller se baigner, se promener etc etc...et je me suis formée avec l'idée que mon prénom c'était Olivier-et-Sylvie. Mais un jour, mon nom a changé : je ne m'appelais plus "Olivier & Sylvie", mais Sylvie tout court. Et prononcé par des parents en pleine dépression je suppose. Et j'ai détesté mon prénom, chaque fois que je l'entends, j'ai l'impression qu'on me donne des coups de poings et des coups de couteaux dans le flanc (en fait, on se promenait toujours la main dans la main), et chaque fois que j'entends Sylvie, et seulement Sylvie, c'est comme si on m'arrachait une moitié de moi. Je n'ai jamais parlé de ma douleur à ma mère, car elle revendique haut et fort SA douleur et n'est visiblement pas du tout accessible à l'idée que j'aie pu souffrir aussi. Voilà. Pour aujourd'hui et pour une première fois où je parle, ça suffit.