"Tout planifier pour dire merci à ceux qui restent"
Christine RoyVincent Calmel
Christine Roy, 44 ans, célibataire, a expliqué à Femina pourquoi elle a organisé son enterrement
«L’idée d’organiser mon enterrement me trottait dans la tête depuis une dizaine d’années déjà. Il y a deux ans, j’ai brusquement perdu un ami. C’est ce qui a provoqué le déclic et m’a décidé à enfin écrire mes dernières volontés. Comme je ne suis pas mariée et que je n’ai pas d’enfants, il me semblait important de faire cette démarche pour m’assurer que mon enterrement respecte mes valeurs. Je suis croyante et j’ai envie d’une célébration chrétienne, or je sais que mon frère et ma soeur ne partagent pas les mêmes idées que moi. J’avais aussi envie de transmettre un message pour remercier tous ceux qui m’ont aidée à me construire au long de ma vie. Je l’ai aussi fait pour éviter de donner du boulot à ceux qui resteront après moi. J’ai rédigé une sorte de guide de mes volontés pour mes obsèques. J’ai fait cela toute seule, je ne suis pas passée par une entreprise de prévoyance. J’ai simplement averti ma mère et ma soeur de l’existence de ce papier et je leur ai dit où il se trouve pour le cas où je viendrais à disparaître.
Pour mes funérailles, je souhaite être incinérée et me trouver dans un lieu où les gens peuvent venir se recueillir. J’ai aussi choisi les musiques ainsi que les messages, les prières et les textes bibliques qui seront lus. J’ai même rédigé mon avis mortuaire parce que je tiens à ce qu’il soit porteur d’espoir et de reconnaissance. Lorsque j’ai écrit tout cela, je ne me marrais pas à toutes les lignes… J’ai beaucoup pleuré. Je crois que cette procédure m’a aussi permis de faire le deuil des gens que j’allais quitter. Mais je me sentais en même temps très sereine de pouvoir faire les choses ainsi. Maintenant, je peux passer à l’essentiel: la vie!»
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