Des obsèques sur mesure
Le magazine Femina et sa journaliste Nathalie Getz ont consacré un important dossier sur les nouvelles coutumes des obsèques. Vous le trouverez ci-après.
«Le drame, avec la vie, c’est qu’on ne s’en sort pas vivant.» Les mots de Michel Audiard résument bien l’unique certitude que nous partageons tous: tôt ou tard, la Faucheuse nous embarquera pour le grand saut dans l’au-delà. Quand, comment, pour aller où? Mystérieuse et inquiétante, la mort ne pose que des questions. Mais il reste une chose sur laquelle nous pouvons avoir une emprise: la manière dont nous allons dire adieu à nos proches. Qui ne s’est pas un jour imaginé le déroulement de son propre enterrement? Depuis quelques années, de plus en plus de personnes planifient ainsi leurs propres obsèques de leur vivant, et ce, jusque dans les moindres détails. Par besoin de tout contrôler. Pour ne pas être un fardeau, le moment venu, pour leur famille. Ou parce qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.
«Je me vois bien dans un cercueil en forme de fusée ou de canoë, un truc un peu loufoque et de mauvais goût que j’aurais bricolé moi-même. Je le ferai dans un matériel ignifuge et je demanderai à être incinéré!» Si Pablo n’a pas encore bricolé son cercueil ni réellement planifié ses obsèques, il n’exclut pas de le faire bientôt, même si, à 50 ans, la mort lui semble encore lointaine: «Je me suis toujours dit que ce serait une bonne chose de le faire: je trouverais très frustrant de laisser les autres tout décider pour moi. C’est une manière d’avoir prise sur l’image que l’on veut laisser de soi.» Et il n’est pas seul à penser ainsi: «Depuis deux ou trois ans, le nombre de personnes qui nous contactent pour planifier leurs obsèques a énormément augmenté», témoigne JeanPierre Favario, collaborateur administratif au sein de l’entreprise genevoise de pompes funèbres et de prévoyance funéraire Murith. Une augmentation qu’il évalue à environ 10% par année. «Ce sont souvent des personnes âgées ou qui ont appris qu’elles étaient malades, poursuit-il. Mais il y a aussi de plus en plus de quadragénaires en pleine santé.»
Soulager la famille
Directeur des Pompes Funèbres générales de Lausanne, Edmond Pittet confirme cette tendance: «Et cela va se développer de plus en plus.» Comment l’expliquer? Plusieurs facteurs semblent entrer en ligne de compte. «Les gens sont beaucoup plus seuls qu’avant, continuet- il. Cette démarche leur permet de s’assurer que leurs volontés seront respectées et qu’il y aura toujours quelqu’un pour s’occuper de cette dernière étape.» Autre raison souvent évoquée: le souci d’être une charge pour sa famille. Ou simplement le désir d’avoir une emprise sur le déroulement de ses funérailles, même si l’entourage ne partage pas ses convictions. Ces personnes confient leurs dernières volontés à l’entreprise qui s’engage à les réaliser le moment venu: choix du cercueil, inhumation ou incinération, cérémonie religieuse ou recueillement civil. Mais aussi les musiques, les textes ou les habits qu’ils souhaitent porter, ainsi que les personnes à contacter. Certaines préparent même leur avis mortuaire.
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