Elisabeth Bochud-Fehlmann, dite Lisbeth, est née le 14 juin 1944 à Lenzburg (AG), fille de Karl Fehlmann et de Rosa Dietiker. En 1946 Rosa décède. La sœur de Rosa, Sophie, s’occupe en partie d’Elisabeth jusqu’au remariage de Karl, puis restera proche d’elle toute sa vie. Après une enfance passée sous un pudique silence, Elisabeth s’échappe, d’abord dans l’étude de la langue française, puis débarque à Lausanne peu avant l’expo de 64, pour mettre en pratique le français et travailler comme secrétaire comptable. Comme d’autres avant elle, dans le train sortant du tunnel de Chexbres, elle jeta son ticket de retour par la fenêtre. Le charme welsch opérait, mais la rencontre décisive eut lieu lors de cette grande tradition locale, les vendanges. Les yeux bleus et le sourire timide mais malicieux de Jean, son Gabin à elle, l’emportèrent: le 2 octobre 65, le pétabosson Chaubert officialise son arrivée à Lavaux et dans la vie de Jean. De cette union naquirent trois adorables chérubins, Arlette, Jean-Marc et Catherine, qui ne le restèrent guère, devenant rapidement d’indomptables petits zèbres. En 1968, Jean et Elisabeth acquièrent la maison et les terres du Boitel, qu’ils transformeront rapidement en terres viticoles. Dans les années suivantes, Elisabeth mènera de front plusieurs carrières: mère, excellente cuisinière ayant la main verte, intendante générale, comptable du domaine, elle trouvera encore le temps de participer au chœur mixte de Grandvaux, au conseil communal de Cully, ainsi qu’à la paroisse. Très attachée à la chapelle de Bahyse, dans laquelle elle s’est mariée et où les enfants ont été baptisés, elle en deviendra l’âme et la gardienne. D’une enfance dont elle ne parlait que très peu, elle a décidé de prendre son destin en main à 18 ans en faisant ses propres choix. Dans une vie bien remplie, elle a toujours préféré l’amour du prochain, privilégiant la simplicité des valeurs humaines, la générosité, l’honnêteté, la confiance en l’âme humaine. Ses activités débordantes ne l’empêchèrent pas de consacrer beaucoup de temps à ses petits-enfants, en super nounou dévouée et en véritable mamy gâteau. Cette énergie et cette force, qui l’ont soutenue dans cette vie à multiples facettes, l’aidèrent à braver la maladie survenue dans le courant de l’été. Elle affrontera les complications sévères apparues en novembre en vraie combattante, avec grand courage et détermination, tout en conservant sa gentillesse et son souci d’autrui. Lorsque la nature a imposé ses limites à la médecine, elle fera front avec bravoure, élégance et dignité. L’échéance arrivant toujours trop tôt, Elisabeth a su accepter le chemin qui lui était présenté, dans l’espérance. L’Eternel est son berger, elle ne manquera de rien. Elle reposera dans de verts pâturages, près des eaux paisibles.