Mon cher Guido,
Il serait exagéré de dire tu nous as tout appris, mais si je réfléchis un peu à ce qu’ont été mes 40 dernières années, je peux sans doute affirmer que tu y as été pour quelque chose: j’ai consacré ma vie à apprendre, comprendre, transmettre, exactement ce que tu faisais. L’infinité du savoir, c’est ce que nous as transmis; le plaisir de la connaissance, c’est ce que tu vivais avec nous; la nécessité de transmettre ses connaissances, c’est certainement ce qui nous a tous le plus marqué. A quoi sert un savoir non transmis? A quel plaisir la compréhension peut-elle mener si elle n’est pas partagée? Et surtout, que deviendrait une bibliothèque mentale si elle n’était pas partagée?
Guido, les presque quatre années que nous avons eu l'honneur de partager avec toi, comme notre professeur de latin, ont été les plus importantes de ma vie. Je suis infiniment reconnaissant de l'humanité du savoir que tu nous as transmis. Ton exemple restera gravé dans nos mémoires à jamais.
Ton ancien élève du gymnase français de Bienne, Jacques Moeschler
Von Jacques Moeschler