Hommage à Henri Nicod. La première fois que j'ai rencontré Henri, c'était dans les anciens locaux de la TV, à la Place des Eaux-Vives, dans la cabine de montage d'une émission religieuse. J'y étais comme stagiaire du pasteur André Junod, « l'autre religieux » engagé par la TV et les églises pour réaliser les « présences » hebdomadaires. Devenu assistant d'André Junod à la Tour de la TV et pasteur de Dommartin(VD) j'étais souvent à Genève pour la préparation des émissions magasine en direct, et naturellement que j'avais recours aux connaissances d'Henri qui me donnait toujours quelques idées œcuméniques à mettre en évidence. Mais les meilleurs moments, nous les avons passés dans les capitales européennes, lors des Séminaires Farel, rencontres internationales des réalisateurs latinophones, et aussi lors des festivals internationaux de TV religieuses organisés par UNDA et l'Association oecuménique de Communication Chrétienne (WACC) dont j'ai été le trésorier européen pendant 15 ans. Nous partions de Genève, André Babel Henri Nicod et moi pour une semaine de visionnements intensifs et de rencontres extraordinaires. J'avais le privilège d'être la plupart du temps hébergé au même endroit que mes amis prêtres, dans des maisons religieuses, des monastères, des hospices de toutes sortes de congrégations: Les « protestants » dans les médias n'étaient pas vraiment accueillants, se bornant à me demander après trois jours « si j'étais bien logé ». Nous nous sommes aussi retrouvés à Lyon au CREC-AVEX, centre de formation international aux médias, financé par le Vatican et la Fédération Luthérienne Mondiale, dirigé par Pierre Babin.OMI. Avec Henri nous y apportions notre expérience et lui, toujours 6 bouteilles de fendant qui passaient la frontière sans incidents, pour le plaisir de faire goûter cette spécialité suisse à quelques jésuites du tiers monde, un évêque en charge des médias d'un diocèse Nord Américain ou rappeler de bons souvenirs à un Père Blanc venu du Mali. A ces différentes occasions, j'ai toujours été accueilli dans le cercle des célébrants, lors des célébrations eucharistiques, même à une rencontre des Evêques de France, lorsque nous préparions le Festival de TV de Toulouse. Un de mes ancien catéchumène en était le trésorier, les amis du « Jour du Seigneur » ayant fait défaut au moment d'une transition délicate. Henri Nicod, comme André Babel, et André Kolly ont fait partie de l'Association « Communication Communautaire » qui avait été en charge de la formation aux médias des responsables des églises de Suisse Romande : L'Action de Carême et le CCRT fournissant le matériel technique de départ et les églises protestantes une partie de mon temps, souvent « à l'insu de leur plein gré », fallait faire avec les pionniers. L'amitié qui liait Henri et Pierre Mamie leur avait fait partager quelques unes des difficultés que j'avais rencontrées dans mon ministère dans les médias. Un petit matin, avant l'ouverture de Palexpo au public invité à Chrétiens pour l'An 2000, j'y étais photographe pour l'agence CIRIC, j'ai senti un bras se poser sur mon épaule, Pierre Mamie me dit, « je sais que tu vis des moments difficiles, nous prions pour toi ». Nous appartenions à la « Même Eglise » heureusement, et nous regardions ensemble en direction du « Royaume de Dieu » que nous avions le souci de faire avancer. Bernard van Baalen