Cher Monsieur Vulliamy, Cher Commissaire, nous avons au moins deux points communs: nous sommes entrés la même année au service de la Police d'Yverdon, et nous avons tous deux fait carrière dans la police. En 1973, j'avais 17 ans, et l'Administration communale, où j'effectuais mon apprentissage, avait décidé que ma deuxième année s'effectuerait dans le tout nouveau poste de police de la rue du Valentin. C'est là que j'ai fait votre connaissance. Vous m'êtes apparu grand, imposant et déterminé, avec cette forte personnalité qui n'a sans doute jamais laissé quiconque indifférent durant votre carrière au service de la communauté. Homme à poigne, je me souviens de vos puissantes mains, dont l'une était régulièrement prolongée par un cigarillos dont les senteurs parvenaient à mon bureau. Vous m'impressionniez, je l'avoue, mais vous saviez aussi manier l'humour qui mettait à l'aise le tout jeune homme que j'étais. Très rapidement, alors que mon travail était d'effectuer de la correspondance et de la facturation, vous m'avez proposé de participer, comme brancardier, à des transports en ambulance. J'ai immédiatement accepté. Ce fut l'étincelle! Dès ce moment-là, je n'ai plus eu envie de quitter le monde de la police, et j'ai pu terminer mon apprentissage au poste, avec votre équipe. J'ai une pensée émue pour tous ceux que j'ai côtoyés à cette époque, dont mon cher mentor, Robert Handschin. Lorsque plus tard on vous a demandé des renseignements à mon sujet, vous n'avez pas ménagé vos compliments à mon égard. Vous auriez souhaité que j'intègre l'équipe d'agents de police sous vos ordres. Pourtant, parce que j'étais attiré par les enquêtes, je me suis tourné vers la Police de sûreté vaudoise, où je viens de terminer ma carrière, après plus de 38 ans de service. Cher Monsieur Vulliamy, Cher Commissaire, nous aurions pu nous rencontrer pour que je vous le dise, mais le temps a passé si vite. Je profite de cet hommage pour l'affirmer: c'est essentiellement à vous, et à vos proches collaborateurs, que je dois la passion pour la police. Avec toute ma reconnaissance. Arnold Ottonin.