Hommage à Charles Joris Décidément, dans ma bibliothèque, les livres pleurent en ce mois de janvier 2015. Le Grand Duduche, qui m’a accompagné lors des rassemblements en mémoire de l’équipe de Charlie, ressemble comme deux gouttes de… larmes à l’adolescent que j’étais à l’époque où j’assistais, avec passion, aux représentations du Théâtre populaire romand, sous la houlette de Charles Joris. Quelques rayons au-dessus des BD et donc de Cabu, les volumes colorés des pièces du TPR, précieuses reliques de ma jeunesse, se serrent les coudes. La Locandiera côtoie Les petits bourgeois, Homme pour homme, Le roi Lear, L’oncle Vania, Le dossier Antonio Salvi, Les folles affaires d’Ivar Kreuger ou l’histoire fantastique du roi des allumettes, L’amant militaire, Le dragon, L’âne de l’hospice et Sophonisbe. Ce ne sont là qu’une petite partie de ces Répertoires, édités par le TPR, qui accompagnaient et enrichissaient les spectacles que Joris mettait en scène, avec la complicité de toute la troupe. Celle-ci rassemblait des acteurs et des actrices de grand talent, engagé-e-s, donnant le meilleur d’eux-mêmes, d’elles-mêmes, au service d’un théâtre véritablement populaire. Je me souviens en particulier de Guy Touraille, formidable roi Lear en 1977, disparu bien trop tôt lui aussi. Au paradis des saltimbanques, Charles Joris monte aujourd’hui avec lui une nouvelle pièce et le Répertoire n° 1 de cette ultime série, est illustré par Cabu. Éric Monnier, Genève et Beaumont (Haute-Savoie