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Dernière condoléances

  • Il y a plus de 4 ans

    Très bel hommage Annie, ton papa la connaissait par cœur et j'en garde un très bon souvenir lorsqu'il la racontait à la buvette du foot! Je vous adresse toutes mes condoléances et mes pensées dans ces moments de peine et de douleur! Veronique Jobinette (comme m'appelait Charly), il va manquer au village.

    De la part de Véronique Sciboz-Job
  • Il y a plus de 4 ans

    On a un bien joli canton: des veaux, des vaches, des moutons, du chamois, du brochet, du cygne; des lacs, des vergers, des forêts, même un glacier, aux Diablerets; du tabac, du blé, de la vigne, mais jaloux, un bon Genevois m’a dit d’un petit air narquois : – Permettez qu’on vous interroge: Où sont vos fleuves, franchement? Il oubliait tout simplement la Venoge! Un fleuve? En tout cas, c’est de l’eau qui coule à un joli niveau. Bien sûr, c’est pas le fleuve Jaune mais c’est à nous, c’est tout vaudois, tandis que ces bons Genevois n’ont qu’un tout petit bout du Rhône. C’est comme: «Il est à nous le Rhin !» ce chant d’un peuple souverain, c’est tout faux! car le Rhin déloge, il file en France, aux Pays-Bas, tandis qu’elle, elle reste là, la Venoge ! Faut un rude effort entre nous pour la suivre de bout en bout; tout de suite on se décourage, car, au lieu de prendre au plus court, elle fait de puissants détours, loin des pintes, loin des villages. Elle se plaît à traînasser, à se gonfler, à s’élancer – capricieuse comme une horloge – elle offre même à ses badauds des visions de Colorado ! la Venoge ! En plus modeste évidemment. Elle offre aussi des coins charmants, des replats, pour le pique-nique. Et puis, la voilà tout à coup qui se met à fair’ des remous comme une folle entre deux criques, rapport aux truites qu’un pêcheur guette, attentif, dans la chaleur, d’un œil noir comme un œil de doge. Elle court avec des frissons. Ça la chatouille, ces poissons, la Venoge ! Elle est née au pied du Jura, mais, en passant par La Sarraz, elle a su, battant la campagne, qu’un rien de plus, cré nom de sort ! elle était sur le versant nord ! grand départ pour les Allemagnes ! Elle a compris ! Elle a eu peur ! Quand elle a vu l’Orbe, sa sœur – elle était aux premières loges – filer tout droit sur Yverdon vers Olten, elle a dit : «Pardon !» la Venoge ! «Le Nord, c’est un peu froid pour moi. J’aime mieux mon soleil vaudois et puis, entre nous : je fréquente !» La voilà qui prend son élan en se tortillant joliment, il n’y a qu’à suivre la pente, mais la route est longue, elle a chaud. Quand elle arrive, elle est en eau – face aux pays des Allobroges – pour se fondre amoureusement entre les bras du bleu Léman, la Venoge ! Pour conclure, il est évident qu’elle est vaudoise cent pour cent ! Tranquille et pas bien décidée. Elle tient le juste milieu, elle dit : «Qui ne peut ne peut !» mais elle fait à son idée. Et certains, mettant dans leur vin de l’eau, elle regrette bien – c’est, ma foi, tout à son éloge – que ce bon vieux canton de Vaud n’ait pas mis du vin dans son eau… la Venoge ! Jean Villard-Gilles - Port-Manech, juillet 1954 "Ce poème a un pouvoir secret dont je m'émerveille chaque jour. Il est déjà dans le folklore. Bientôt, je le sens, il ne m'appartiendra plus." Gilles

    De la part de Annie Oulevay