Je l'avais rencontré lors d'un colloque portant sur l'oeuvre de Louis de Broglie à Cerisy. Par son comportement sans concessions et son " mauvais caractère ", je reconnus de suite en lui un frère. Notre collaboration scientifique, quelques années plus tard à Genève, fut sans doute à sens unique, de lui vers moi : je m'intéressais plutôt au résultat de ses recherches, que j'appliquais aussitôt (1992). J'ai fait alors de fréquents séjours dans son labo à Genève, il vint à Bordeaux, mon épouse et moi le visitâmes chez lui à Gland, bref nos liens dépassaient le cadre professionnel, et c'est ce qui fait que son décès m'attriste comme celui d'un proche par le caractère, dont je regrette d'avoir agi comme s'il ne devait pas mourir. Peut-être, avec sa disparition, ses collègues en physique mathématique se décideront-ils à reconnaître son apport à une théorie quantique en mal de rigueur conceptuelle. Salut à toi, frère bourru, et rendez-vous sur l'île du jour d'avant (U.Eco).