Brenles : Freddy Lincio n'égaiera plus notre quotidien S'il est une personnalité qui, à Brenles, mais bien au-delà de notre village aussi, rayonnait par sa façon d'être, sa simplicité de contact et d'approche, il faut alors immédiatement penser à Freddy Lincio. C'était un bonheur simple d'entamer un brin de causette avec lui; c'était une joie de l'entendre siffloter, tel le rossignol, vaquant à ses multiples occupations au jardin ou potager familial qu'il chérissait tant; il était doux de le savoir arpentant les bois à la cueillette de champignons ramenés en quantité au domicile familial; au moment de nombreux apéritifs organisés à l'improviste avec ses amis, ses voisins, toujours avenant, il avait une façon d'être, chaleureuse, simple, altruiste, qui faisait qu'immédiatement on se sentait bien en sa compagnie, dans cette demeure de si bon accueil dans laquelle, avec Lucienne son épouse, ses enfants, il se savait aimé, entouré, sentiments profonds qu’il partageait volontiers avec son entourage. Pour ces images ineffables et tant d'autres rappelées par ses petites-filles au sortir de la cérémonie d'adieu, on devra hélas maintenant tout conjuguer au passé. Freddy, après une maladie endurée avec courage pendant trois ans, nous a quittés le 20 janvier dernier, dans sa 82ème année, un dimanche bien triste pour nous qui restons dans l'absence d'une personnalité riche et affectueuse. Freddy est arrivé à Brenles à l'âge de 4 ans, ses parents Marcel et Yvonne, venant de Montaubion pour exploiter, en fermage, le domaine du Champ-du-Chor. L'âme paysanne et terrienne, Freddy a repris cette exploitation, lui a donné une belle force et direction avant de ne bifurquer professionnellement pour rejoindre les rangs de la comptabilité du Service romand de vulgarisation agricole. Le monde, le mode paysan étant profondément ancré en lui, ce n'était que bonheur pour lui de vaquer, toujours sifflotant, sur son petit tracteur, rentré du bureau à Lausanne ou, aux temps florissants des boucheries de campagne, de faire alors le "tsacaillon". Sur le plan civique, Freddy ne s'en laissa pas compter et fut durant 16 ans municipal à Brenles, de même qu'il fut de très nombreuses années le préposé à l'Office AVS et sécurité sociale du village ce qui lui permit aussi de se forger d'excellents contacts et connaissances. En 1957, Freddy Lincio épousait Lucienne Gilliand et bientôt Michel, puis Philippe vinrent égayer la vie heureuse du couple, malgré les aléas de la vie dont la famille Lincio n’a pas été épargnée non plus, mais a su faire front. La famille, belle et ouverte sur le monde, s'est agrandie et Freddy a eu l'immense bonheur d'être le grand-papa comblé de 6 petits-enfants. Si l'harmonie familiale et le plaisir de la vie saine et riche de beaux moments ont sans conteste été un élément moteur de la vie de Freddy, il en est une autre qui aura été constamment à ses côtés et en son esprit: l'harmonie de la musique. Au-delà du sifflet joyeux du matin, Freddy a fait les beaux jours de nombreuses formations de cuivres et avec son baryton toujours fidèle, il a assuré nombre de concerts avec des ensembles prestigieux, aux USA notamment avec la Landwehr de Fribourg ou dans de petits quatuors formés pour une occasion ou l'autre. Il aura été fidèle plus de 60 ans à l'Abeille de Lucens. Freddy ne comptait bien sûr que des amis dans le milieu musical et quelques-uns de ses complices de toujours lui ont rendu un vibrant hommage par l'interprétation de quelques pièces ressenties avec grande émotion par la très nombreuse assistance qui avait empli l'Eglise de Chesalles jeudi dernier pour lui dire un dernier adieu. La population de Brenles présente à la famille de Freddy Lincio ses sincères messages de sympathie et de compassion et gardera de votre époux, frère papa et grand-papa le souvenir d'une personne ayant marqué d'une empreinte indélébile notre village et région. jms