Lundi 14 mai. Un courrier venant de sa famille annonce le décès et, comme il le souhaitait, sans cérémonie d'un ami, le géologue Marcel Burri qui, après avoir tenu la chaire de géologie de l'EPFL s'était retiré à Bex, pas trop loin du synclinal permo-carbonifère de Dorénaz, et des nappes de l'Helvétique qu'il défrichait encore, au sens géologique cela s'entend. Un immense bon type, un naturaliste pertinent apprécié de ses étudiants ingénieurs, auteur de nombreuses publications, mais aussi un humaniste qui avait su expliquer aux Suisses romands (Temps Présent, Table ouverte) les dérives optimistes des ingénieurs de la NAGRA chargés d’organiser l’enfouissement des déchets des centrales nucléaires. A sa femme Françoise, à ses enfants et petits-enfants nous pouvons affirmer que Marcel reviendra, porté par la prochaine orogénèse alpine. Je les embrasse. On finit tous un jour par descendre du train, mais il y a des personnalités qui mériteraient d'échapper à cette fatalité. Marcel Burri était de ceux-là. Je fais semblant de ne pas pleurer comme le disait si bien Brassens.