Mon cher Roland, mon bien aimé acteur,
Une semaine avant ton départ, nous nous sommes longuement parlé. Tu étais heureux ce jour-là, tu te réjouissais d'une prochaine projection où nous admirerions une fois encore tes superbes qualités d'acteur.
Comment oublier les soins avec lesquels tu te préparais aux journées de tournage: la veille, aux premiers instants du crépuscule, tu t'éclipsais pour jouir d'une longue nuit et être en pleine forme le matin venu. Tu donnais tout alors.
Quel bonheur de te retrouver sur le plateau, ta voix résonnant avec une force qui pouvait nous faire trembler, clairon ciselé au diapason de ton rôle. Tu m'as souvent dit que de tous tes réalisateurs, j'étais celui qui t'avait fait le plus travailler. Mais tu ne m'en as jamais voulu et tu as désiré être le parrain de ma fille. Tu nous as entraînés dans ton grand rêve de jeunesse éternelle.
Dans l'ultime scène que nous avons tournée ensemble, il y a trois ans, tu jouais le rôle d'un mort
enseveli sous le sable et qui ressuscitait par la force de l'imaginaire, le sol transformé en verre dans la chaleur du soleil.
Tu laisses un florilèges de souvenirs qui viennent loger, et pour longtemps, chez tous ceux qui t'ont aimé. Tu entends Roland, leurs applaudissements?
Philippe Nicolet
De la part de Philippe Nicolet