Il était beau, ni trop grand ni trop gros ni trop mince. Sportif et actif, fossette au menton, sourire et front dégagés, il faisait face. Attentif à l’autre, souvent positif et toujours adepte intransigeant du compromis. Adepte aussi de faire la part des choses et surtout la part des gens. Modeste et jamais excessif, (parfois dans son humour), mais en aucun cas blessant, sauf dans son corps, dans cette dernière blessure qui nous l’enlève.
Il n’y a pas qu’à nous, ceux qui le connaissaient, ceux qui le vivaient, qu’il va manquer. Il manquera à tous les autres, qui l’auraient connu et qui, à son contact, en sa présence, auraient baissé d’un ton leur agressivité, seraient surement assis autour d’une table plutôt que debout dans l’affrontement. Un ton, un degré, un mot, les siens, nous permettaient parfois d’avancer de plusieurs pas d’un coup, à la place de rester figés dans le heurt et la dispute.
A ses très proches, à sa femme et enfants surtout, j’aimerais dire qu’il n’a pas disparu. Que ces gestes qui étaient les siens restent bien présents chez nous, que la vie éternelle, la vie après la mort, il l’a pratiquée depuis longtemps, en laissant des traces dans nos esprits, dans nos cœurs. D’une certaine manière, il a, par son esprit de conciliation, rendu le monde une poussière moins dur, c’est beaucoup de nos jours.
Von Antonio Villarroya