Chère famille, Après le moment des adieux à votre père, Albert, et le plaisir de vous revoir toutes après si longtemps - Pierre étant mon voisin, on se croise plus souvent - tous les souvenirs de mes après-midi dans la maison de Charmontey remontent à ma mémoire. Evoquer Albert, c'est me rappeler sa grande gentillesse, son sourire, ses plaisanteries, et ses passages dans le quartier après le décès de votre mère. Il venait «se souvenir», dire bonjour à celles et ceux qui étaient encore là. En ville, lorsque je le croisais, nous papotions avec plaisir. C'est aussi le souvenir de «L'E su ben» à l'orthographe imprécise mais à la joie vivace des vacances passées là-haut, dans la montagne, que ce soit avec Elizabeth (Christiane et Anne avaient déjà quitté le domicile familial) ou en familles Ischer et Witschi réunies autour de la terrasse. Une page heureuse de mon enfance, un chapitre qui se clôt et le sentiment que - où que son esprit se trouve - Albert m'envoie un clin d'œil et m'engage à continuer d'aimer (eh oui, moi aussi!) la montagne et la peinture. A élever mon esprit là où il devient plus large. Je vous embrasse tous. Sylvia