Tu es parti sans nous prévenir ! Tous ces amis, tous ces témoignages sur toi, sur ce que tu as fait: les soins palliatifs et tout le boulot avec cette équipe du Cesco puis dans la communauté, la lutte contre les douleurs et le droit d’être soulagé et les droits des personne âgées (a-t-on vraiment les mêmes droits à 90 ans qu’à 45 ans ?), la vie et la mort dans les EMS, les directives anticipées, les problèmes d’alimentation dans le grand âge, l’éthique clinique, etc. Finalement c’était ton boulot, tu l’as fait et bien fait c’est ce qu’on attendait de toi. Bon, les comptes étaient plutôt dans le rouge que dans le vert, mais le but de tout cela ce n’était pas de gagner de l’argent (pour cela il y avait les banques…). Nombreux sont ceux qui t’ont reconnu et te reconnaissent comme leader, un chef, un vrai, un capitaine qui ne disparaît pas au premier coup de tabac et que l’on trouvait toujours sur le pont en cas de tempête. Maintenant, il y a tout ceux à qui tu as tendu la main: ces infirmiers dont plus aucun service ne voulait et que tu engageais, ces médecins aux trajectoires exotiques (parfois juste bon à leur arrivée à nous préparer un mauvais thé disais-tu) et que tu engageais, ces travailleurs sociaux qui avaient épuisé leurs employeurs précédents pour des raisons mystérieuses et que tu engageais quand même et tous les autres. Tous ces blessés-de-la-vie, ces déracinés, ces bras-cassés, ces boiteux pour ne pas dire autre chose tu leur donnais une chance quand tous les autres claquaient leur porte. Bien sûr il y en avait d’autres aux reins solides qui ont été et sont toujours à tes cotés sans défaillir se moquant des médisances, des rumeurs et des sarcasmes des médiocres et des jaloux. Charles-Henri tu es pour longtemps dans nos cœurs. Demain je ne pourrai pas être là , mais pour ton humanité, pour tout ceux que tu as aidés et qui ne t’ont jamais remercié, pour tout ce que tu as fait, pour ce que tu as été et resteras, je t’embrasse une dernière fois.
Von Alexandre Martin