Au sein de la Société pédagogique vaudoise (SPV), Edouard Montagrin était un fidèle. Un pur. Un vrai. Un de ceux dont on dit que le moule est cassé. Edouard était un homme rare. Bon. Franc de collier. Il avait gardé comme un regard d'enfant sur le monde et sur l'école.
L'engagement constant d'Edouard Montagrin et sa fidélité sans réserve à la SPV resteront comme un phare éclairant le chemin récent et à venir de notre association professionnelle et syndicale.
Comme président de l'association des maîtres de division supérieure, puis en qualité de co-président des 5-9 (association des enseignant-e-s brevetés du secondaire) qu'il dirigea jusqu'en 2008, mais aussi lors des assemblées des délégués ou des forums organisés par la SPV, toujours étaient attendues ses interventions pragmatiques : Edouard Montagrin, … Mézières… . La voix grave de notre collègue s'élevait et la salle, parfois dissipée, faisait alors silence.
Edouard aimait travailler avec les grands élèves. Il défendait les prim'sup et les jeunes de VSO, tout en sachant à quel point était étrange et injuste le fait de devoir les cataloguer à 12 ans. C'est ainsi qu'il participa à l'élaboration de l'argumentaire de la SPV qui allait conduire celle-ci à se prononcer formellement pour une évolution de la structure du secondaire I vaudois, et, au final, pour la nouvelle loi scolaire, dite LEO.
A la fin d'août 2011 encore, Edouard rameutait par textos les citoyens de sa commune pour faire gagner la LEO. Dans son village, celle-ci l'emporta de deux voix !
En 2010, quand fut connu le fait qu'Edouard devrait quitter plus tôt que prévu son activité professionnelle auprès des élèves de Mézières, la SPV l'engagea comme rédacteur aux procès-verbaux du Comité cantonal. C'était une chance pour le Comité. Il faut avoir de la bouteille et la connaissance intime des rouages de la SPV pour tirer la subsantifique moelle des débats parfois tortueux de ses permanents.
Edouard Montagrin fut aussi de tous les combats syndicaux, de toutes les manifs, de toutes les grèves. Se souvient-on de l'homme au chapeau qui offrait le micro aux Conseillers d'Etat venus s'expliquer avec la fonction publique sur la Place de la Riponne durant l'opération Orchidée !
A fin novembre dernier encore, il donnait son opinion sur la refondation d'une association des maîtres du secondaire I de la SPV plus dynamique et plus efficace, il échangeait sur le nouveau plan d'études romand, la suite de la LEO, l'esprit d'Harmos.
Une personnalité généreuse, attentive, humaniste, engagée, à la recherche de la justice sociale : de celles qu'on aimerait rencontrer plus souvent dans notre vie mais aussi de celles qui marquent sans doute toute une communauté, dont celle des enseignants brevetés de l'enseignement obligatoire vaudois, dit de lui son ami Jean-Marc Nicolet, qui présida avec Edouard, l'association des enseignants du secondaire de la SPV.
Edouard nous manque. Nous présentons à sa famille et à ses proches nos amitiés et notre profonde sympathie.
Von Jacques Daniélou