Hommage à Jean-Jacques Richard Le maître ferblantier Jean-Jacques Richard est décédé le 21 janvier 2014 à Chigny. Son engagement exemplaire au service de la profession doit être salué. Il était le fils de Jean Richard, venu des Vallées vaudoises du Piémont ouvrir avec ses deux frères un atelier de ferblanterie à Lausanne en 1908. Dix ans plus tard, Jean ouvre une succursale à Morges. C’est là que Jean-Jacques, né le 3 avril 1929, attrape le virus de la ferblanterie, qui le conduit à l’Ecole des métiers de Berne : il juge essentiel de maîtriser l’allemand et le schwyzertütsch. Connaissances qu’il perfectionne par un séjour de trois ans en entreprise à Bâle, avant de revenir à Morges. Titulaire de la maîtrise fédérale en 1958, il reprend en 1964 les rênes de l’entreprise paternelle. Ce perfectionniste éclairé a marqué les innombrables chantiers dont il s’est chargé de sa touche personnelle, le détail qui fait la différence. Il apportait une autre façon d’envisager les choses, car c’était un « ferblantier-philosophe ». Il s’efforçait de se montrer positif en toutes choses, et ne visait qu’à trouver des solutions, sans s’appesantir sur les obstacles. Une tournure d’esprit qu’il a inculquée aux dizaines de jeunes qu’il a embauchés, avec une faveur particulière pour des Alémaniques désireux d’apprendre le français. C’est d’ailleurs à l’un d’eux, Rudolf Beer, qu’il a remis son entreprise lorsqu’il a décidé de prendre sa retraite. Jean-Jacques Richard a beaucoup apporté à de nombreux collègues, au-delà de ses collaborateurs, par son engagement infatigable dans la formation. Il a donné à des centaines de jeunes des cours de dessin ; sa méthode, directe et concrète, obligeait les élèves à réfléchir pour trouver la clé par eux-mêmes. Membre de nombreuses commissions professionnelles – dessin, calcul des prix, toit d’Or – il a fonctionné comme expert aux examens de fin d’apprentissage et de maîtrise, et s’est porté responsable des championnats suisses de ferblanterie. Traducteur, il s’est chargé de centaines de documents pour l’ASMFA, SUISSETEC, l’ASMFD et la FVMFA. Il a énormément contribué à ce que les Romands puissent obtenir les mêmes renseignements et formations que les Alémaniques. Jean-Jacques Richard était certainement l’un des Romands les mieux introduits dans la profession au niveau suisse et, à ce propos, il a noté – dans le Livre d’or de la famille Richard ! – avec un humour et un sens de l’autodérision caractéristiques : « Les Suisses allemands ne cooptent pas nécessairement les meilleurs des Welches, mais plutôt ceux qui parlent l’allemand… » Jean-Jacques Richard avait le sens de la famille et il a proposé au soussigné, son cousin, de le remplacer dans les instances professionnelles. Les pensées de la profession vont à sa femme, Suzanne Richard-Bolliger, à ses filles Catherine Spadini Richard et Claire Richard Zwald - qui a repris à la Municipalité de Chigny le flambeau que Jean-Jacques y a tenu pendant des années. André Richard Maître ferblantier Richard Pierre SA, Lausanne