Enseignant secondaire en français et histoire, puis professeur à l’École normale (alors en charge de la formation des enseignants en général), marqué par le pouvoir des nazis à manipuler l'opinion au moyen des médias (la radio surtout, à l’époque), il se dit que les élèves devaient apprendre à décrypter et rester maîtres de leur compréhension des messages véhiculés par les médias, donc qu'il fallait enseigner les compétences idoines comme pour les autres disciplines. Et que les élèves, pour comprendre les médias, devaient les pratiquer en faisant eux-mêmes films, reportages, interviews. Il fonda alors en 1967 le CIC / Centre d’Initiation au Cinéma, qui devint rapidement le Centre d’Initiation aux Communications de masse et aux moyens audio-visuels, et fit partie intégrante du DIP / Département de l’Instruction Publique devenu le DFJ. Disposant d’un puissant service de prêts de caméras (du 8 mm des débuts au caméscope) et d’enregistreurs (de la cassette ou bande magnétique au numérique), de studios d’enregistrement et TV fréquentés tant par les enseignants que par les élèves, le CIC fut grâce à son fondateur un Pionnier mondial de l’enseignement critique à l’endroit des médias en faisant comprendre leur fonctionnement par leur pratique. Cette conception bien différente de l’enseignement traditionnel frontal perturba plus d’un enseignant. Mais cette démarche reçut le soutien du secrétaire général du DIP de l’époque André Mottaz, ainsi que du DFJP (dirigé alors par Kurt Furgler). Jean-Pierre Golay était l'ami de personnalités vaudoises connues parmi lesquelles - Robert Gerbex, ancien secrétaire général adjoint du DIP, fondateur de la TV éducative, Bertand Lipp, instigateur de la réforme de l'enseignement du français, et Pierre Gisling, co-fondateur de la TV éducative et instigateur des camps de dessins des écoles secondaires, Dès 1979 et pendant une année et demie, Jean-Pierre Golay induisit aux USA des projets de recherche en mass médias, notamment à l’Université du Wisconsin à Madison (UW). En 1988, il prit sa retraite et quitta définitivement la Suisse et son poste de directeur du CIC à Lausanne pour s’adonner, dans le cadre de l’Université du Wisconsin, à la recherche sur les médias et leurs relations avec l’école et la formation de l’opinion publique. Encore à présent, sa notoriété dans ce domaine dépasse largement les frontières des États-Unis. Cette pédagogie des mass médias consistant à pratiquer une chose pour comprendre une chose inspira la réforme du français incarnée par Bertrand Lipp (« Maîtrise du français », dès 1972). Cependant l'optique que les élèves acquièrent un sens critique développé en matière de médias et de pouvoir ne plut guère à la partie conservatrice de l'opinion publique du canton de Vaud. Jean-Pierre Golay étant émigré depuis plusieurs années à Madison, le CIC perdit son statut d'institut et devint un simple composant de la HEP / Haute École Pédagogique de Lausanne. Ses activités furent alors très fortement réduites. Blaise Golay