Accepter le départ d’Olivia, me résoudre à sa mort… Ce n’est pas possible. Ce qui arrive n’est pas vrai, je n’y crois pas. Je voudrais tant me débarrasser de la souffrance. Comment nous consoler ?...
Tout se bouscule dans ma tête. Les images et les mots dans le jardin de nos souvenirs, de notre enfance, de notre vie, de nos chagrins, de nos joies. Je voudrais vous offrir tous nos secrets, nos éclats de rire et ces instants impalpables et précieux…
On aime une grande sœur presque sans le savoir, et l’on ne perçoit toute l’étendue et la profondeur des racines de cet amour qu'au moment de la séparation dernière. Je voudrais lui dire tant de choses, à ma sœur chérie...
Mais avant tout chassons la noirceur de nos esprits, car la pensée de la mort nous fait oublier de vivre. Et Olivia était la vie. Je veux lui rendre hommage et respecter sa joie de vivre.
Je comprends finalement qu’il ne faut jamais laisser mourir les moments heureux qui ont été les nôtres et qui nous appartiennent désormais pour toujours, comme autant de parenthèses d’éternité.
Ainsi, peut-être que la mort ne nous prend ceux que nous aimons ? Elle nous les garde au contraire et « les fixe dans leur jeunesse adorable ». Et je souhaiterais pour apaiser nos cœurs et sécher nos larmes emprunter à Charles Peguy ces quelques mots :
La mort n'est rien,
je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,
parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent,
ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été,
sans emphase d'aucune sorte,
sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
De la part de Alexandre Mourier