Chère Madame. Je connaissais bien Robert et vous fais part de toute ma sympathie. Voici un texte que j'ai envoyé à mes amis. Je vis en Andalousie depuis 20 ans. Voici le texte:
J’apprends par le Net que Robert Blum est décédé. Ceux de la région nyonnaise se souviennent de l’homme au side-car…
Pourquoi je vous en parle ? Parce que j’ai partagé avec lui une expérience truculente il y a 35 ans. Je vous raconte l’histoire:
J’avais un contrat d’entretien et de déneigement dans un lotissement de St-Cergue. Une année de fortes précipitations, avec seulement l’aide de deux employés, nous étions submergés par plus d’un mètre de fraîche mouillée qui, à 1100 mètres d’altitude, se transformait rapidement en neige lourde. J’ai retrouvé une photo de cette architecture un peu particulière qui n’aurait jamais dû exister en montagne.
Les attiques avaient un système de chauffage au sol qui était censé faire fondre la neige, mais la plupart des copropriétaires le débranchaient pour économiser d’électricité. Les ‘baignoires’ en attique se remplissaient à raz bord. Chez ceux qui ‘jouaient le jeu’ ce n’était pas mieux car l’eau de fonte était évacuée par des tuyaux en façade bien sûr gelés une grande partie de l’hiver. Donc nous avions une trentaine de terrasses à évacuer à la pelle. Comptez plusieurs heures à deux par appartement et comme il était impossible de la jeter assez loin, une grande partie tombait sur le balcon du dessous… et pour nous c’était rebelote.
C’est ici qu’intervient Robert, mandaté par la régie immobilière pour nous donner un coup de main.
Mis au courant des vicissitudes des opérations il pensait sérieusement rentrer chez lui mais demanda si nous avions une petite fraiseuse. Oui mais les escaliers sont étroits et tournants. Robert était menuisier et il eût vite fait de confectionner une sorte de chaise à porteur pour la machine. Grâce à son ‘invention’ il nous fallait moins de 15 minutes pour évacuer une attique, sans devoir répéter l’opération à l’étage d’en dessous ! La suite de l’histoire sera ma manière de lui rendre un hommage posthume en forme de clin d’oeil depuis le fin fond de l’Andalousie : vers 10 heures du matin nous avions bien sûr fait une pause pain/fromage/sauciflard/vin rouge. Le niveau de notre ‘litre’ étant rapidement sur la « réserve » Robert demanda s’il y avait dans le lotissement un Italien ou Espagnol ? Oui, justement dans le bâtiment où nous allions jouer ‘massacre à la fraiseuse’. Robert sonne. Apparaît un homme en robe de chambre, au physique de Vittorio de Sica si vous voyez…
« Bonjour Monsieur, excusez-nous de vous déranger, etc etc, seriez-vous assez aimable de garder notre litre de rouge car nous ne voulons pas risquer de nous le faire voler » « Mais bien sûr, à votre service ».
Deux ‘attiques vidées’ plus tard, alors que midi approche, Robert suggère de passer à l’apéro puisque nous avions gagné un temps fou en passant de la pelle à la fraiseuse. J’objecte qu’avec le peu de liquide restant dans le litre nous ne risquions pas le coma éthylique ! Attends !
« Re-bonjour Monsieur, re etc etc, nous venons reprendre notre vin car nous changeons de bâtiment ! » « Ne me dites pas que vous n’avez ‘que’ ce fond de bouteille pour les quatre… attendez ! Et de revenir avec deux flacons d’une qualité bien supérieure à notre gros rouge qui tache. A votre santé et merci pour tout le boulot que vous faites dans le lotissement ! »
Explication de Robert : Ce truc marche à tous les coups mais il faut impérativement choisir un ressortissant des pays chauds car avec les Genevois…
Adieu Robert !
De la part de Norbert Duvoisin